Livres à lire

 

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La guerre vécue par un chasseur alpin et un fils de fellagha

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De Jean collet et Si Hadj Mohand Abdenour

Un chasseur alpin raconte sa vie. Un fils de « « FELLAGHA » raconte la sienne. Ce qu’elles ont de communs, ces deux existences : le lieu du déroulement du drame, iferhounene, un village kabyle posté depuis l’ère des quinqué gentii (1) sur un mamelon qui fait face à l’imposante chaîne du djurdjura.
En y installant leur camp dés 1956 , les forces d’occupation avaient visé un objectif stratégique , inspiré de la nature même du relief escarpé et de la position dominante du chef lieu de cette portion du territoire algérien : Observer les mouvements des villages environnants : Tifilkout, Ait arbi, Ait Hamou, Ait mansour, Barber, Taourirt Ali Ouanacer, Tikilsa. Quant à Ahdouche et les autres, même cachés, ils ne seront qu’à quelques minutes de marche de là, à portée de canon.
Jadis panorama touristique pittoresque, le Djurdjura allait, des années durant, offrir une image apocalyptique ou se mêlent tous les malheurs d’un peuple marqué par son histoire déjà trop agitée : batailles sanglantes, embuscades, ratissage …torture, viols, exécutions sommaires.
Le chasseur et le fils de fellagha, ont passé ensemble une partie de leur vie, face à face, chacun de son coté de la barrière…. Du barbelé qui sépare le village du camp militaire. Sans se connaître, ils ont vécu les mêmes événements historiques qu’ils ont ressentis chacun à sa manière, selon ses propres convictions. Différemment, voire parfois même antagonistes, malgré le point commun qui peut rapprocher les hommes dans certaines circonstances, dans leur pensée, deux hommes épris de paix et de justice.
Dans la première partie de cette œuvre ; Le chasseur alpin , nous livre les secrets de cette courte période de son service militaire, passée à livrer bataille malgré lui , à un ennemi invisible , au lieu disait-il, de séjourner en touriste insouciant dans ce qu’en métropole , on appelait , fanfaronnerie ironique « les vacances algériennes . » Je ne dirai rien de sa vie privée, et ne porterai aucun commentaire sur ses sentiments exprimés, dans ce livre qui a le mérite de nous dire des choses authentiques, sans détours, sur le drame vécu par le peuple algérien.
Si l’histoire est authentique, les noms des acteurs ont été changés sciemment pour des raisons évidentes de respect de la discrétion. Mais cela ne leur enlève en rien, la reconnaissance du mérite ou la condamnation de l’opinion. Nous laissons le soin sur cet angle, à l’Histoire pour en juger.
La deuxième partie de ce livre est consacrée aux récits des faits de ces événements à la même période, vu d’un œil d’enfant innocent, qui n’avait que 4 ans et grandi dans le fracas des armes jusqu’à l’age de 12 ans, pour finir seul, privé de tous ses parents happés par la machine de guerre infernale d’une puissance militaire. Ils sont 8 hommes de la même famille , tous dans la force de l’age , en bonne santé , bien éduqués , lettrés , à être tués par l’armée française, entre 1958 et 1960, tous les armes à la main. Ils étaient, ce que la propagande coloniale appelait «  les Fellaghas », et, que l’enfant de la guerre, fils de « fellagha », lui, a toujours pleurés, en secret, dans ses moments de plus grande solitude. Pour lui, il ne subsiste aucun doute : ils sont morts pour leur patrie, en martyrs de la révolution.
Cette œuvre se veut un témoignage fort sur le sacrifice du peuple algérien, le drame des hommes, des femmes et des enfants colonisés, dominés, maltraités, torturés, assassinés.
Il est aussi une lueur d’espoir pour les générations montantes de pays développés pour refuser, rejeter le fait colonial et condamner la guerre.

1- quinqué gentii. Terme romain , utilisé pour designer les 5 premières tribus berbères installées au flan DJURDJURA, appelé par les romains , Mons Ferratus ou montagne de fer ,en raison de la résistance farouche opposée à l’occupant.

L’Allumeur de rêves berbères de Fellag

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L’Allumeur de rêves berbères
de Fellag     L'extrait (pdf)
(Paris, Jean Claude Lattès, 2007) 
Parution : 22 août

"Dans une cité d’Alger, au début des années 90, l’eau est distribuée deux fois par semaine, de trois heures à six heures du matin. Pendant ce temps où l’eau s’écoule, où la vie reprend, Zakaria, célèbre journaliste, observe de son balcon les faits et les gestes de ses concitoyens et les consigne sur des fiches. Il aimerait s’en servir pour composer le grand roman de sa vie et renouer avec ses rêves de jeunesse, du temps où il n’était pas enchaîné par le système. Car Zakaria traverse une crise de conscience. Depuis les évènements d’octobre 1988, il a rejoint le mouvement de contestation mais se trouve pris en étau : d’un côté un ancien régime qu’il faut dynamiter, de l’autre les extrémistes islamistes qui traquent les femmes, les intellectuels, et tous ceux qui refusent de se plier à leur vision du monde.
Afin d’échapper à la mort, il se terre chez lui le jour et ne quitte son poste d’observation qu’à la tombée du soir pour nous conter les histoires les plus abracadabrantes qui pullulent dans un pays en proie à la peur.
Avec
L’allumeur de rêves berbères, Fellag met le feu à l’imaginaire d’un peuple qui cultive l’élégance suprême : celle de rire de ses malheurs." (Présentation de l’éditeur)

Plantes médicinales de Kabylie

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de Mohand Ait Youssef (Auteur), Jean-Philippe Brette (Préface)

Plantes médicinales de Kabylie de Mohand Ait YoussefPrésentation de l'éditeur
En Kabylie, des connaissances traditionnelles relatives aux plantes et à leurs propriétés sont encore assez répandues. Certaines espèces sont reconnues par la population comme médicalement utiles ou au contraire comme toxiques. Le présent ouvrage fait le point sur les plantes les mieux connues des herboristes et des tradipraticiens kabyles. Pour chaque espèce sont indiqués les usages relevés en Kabylie et dans d'autres régions du Maghreb. Ces emplois empiriques sont discutés à la lumière de données scientifiques médicales, pharmaceutiques et toxicologiques. Un rappel des usages anciens rapportés par les auteurs de l'antiquité et de la médecine arabe complète l'étude des usages. La description botanique complète de chaque espèce ainsi que les différents noms utilisés au Maghreb, aussi bien en arabe qu'en berbère, faciliteront les identifications de terrain. À travers une centaine d'espèces, c'est l'essentiel de la phytothérapie traditionnelle de Kabylie qui nous est présentée : de l'agave à la fève en passant par la menthe, l'ail, le chêne, le figuier... En préface, le docteur Brette trace un portrait des acteurs de la thérapie traditionnelle et du contexte magique et religieux dans lequel ils opèrent.

 

  • Broché: 349 pages
  • Editeur : Ibis Press (10 mai 2006)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2910728579
  • ISBN-13: 978-2910728571
  • Cuisine kabyle

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    de Samia Messaoudi (Auteur), Farida Ait Ferroukh (Auteur)
    Avant de livrer les recettes au lecteur, l’ouvrage propose une intéressante introduction de Farida Aït Ferroukh sur l’alimentation et l’art culinaire des Kabyles.
    Dans ce texte très bien documenté, Farida Aït Ferroukh revient sur la place des céréales dans la cuisine kabyle. Ces céréales sont l’aliment (et l’élément) indispensable et incontournable. Elle explique les différentes étapes de traitement des céréales ainsi que les techniques de maniement de la pâte (pétrissage, aplatissement,...). Elle énumère les différents types de plats cuisinés. Elle relève ainsi quatre principaux modes de cuisson : cuisson à la vapeur, cuisson sous forme de bouillon, cuisson sous forme de soupe et la cuisson dans l’eau ou du lait.
    On ne peut parler de cuisine berbère ou kabyle sans évoquer le plat national à savoir seksu (couscous). Ce "plat très ancien et authentique" des Berbères a fait l’objet d’une très bonne description par l’auteur de l’ouvrage. Ainsi, elle explique qu’en Kabylie, à l’exception d’At Yiraten, le plat est appelé seksu. At Yiraten l’appellent, eux, tt’εam qui est un terme arabe qui veut dire "nourriture".
    En un peu plus d’une page de l’ouvrage, Farida Aït Ferroukh donne un bref historique sur la naissance du couscous avant d’évoquer la technique de la fabrication de la graine de seksu ainsi que les différentes variétés du couscous existant en Kabylie.
    Dans la partie "Le couscous, plat transculturel", l’auteur explique le processus de déculturation que subit seksu notamment à Paris . Elle relève la confusion entretenue entre "semoule" et "couscous". En effet, beaucoup de gens prennent le couscous pour de la semoule. Or, la semoule étant l’élément qui sert à fabriquer la graine qui, elle, est le couscous.
    "Victime de son succès, dit l’auteur, le couscous subit le même sort que la pizza et est désormais accommodé à l’orange, aux crevettes, [...]" Par la suite, l’auteur explique comment s’établissent les liens sociaux et se renforcent autour de la nourriture, elle évoque la nourriture et le sacré ainsi que les dons aux invisibles et aux morts.
    Ainsi, chez les Kabyles, quelle que soit l’occasion, lfer’h’ naγ lqerh’ (bonheur ou malheur), des offrandes sont faites aux proches comme aux "forces invisibles". Tout un chapitre est consacré à une description intéressante aux diverses pratiques rituelles liées à l’offrande et à la nourriture. Cela montre l’intérêt que porte l’auteur à ce sujet mais aussi sa maîtrise du domaine.
    "Alimentation et santé" L’alimentation kabyle, à l’instar du régime "crétois" assurerait la longévité et une santé excellente. Pour illustrer cette affirmation, l’auteur détaille la composition (y compris la composition nutritve) des principaux éléments utilisés dans la cuisine kabyle. Elle nous explique combien les nouveaux modes de cuisson dévitalisent les aliments : c’est le cas des feux très vifs, des autocuiseurs,... Mais "l’introduction du four à micro ondes et du papier aluminium complique davantage la situation."
    Farida Aït Ferroukh finit cette excellente introduction pour expliquer "comment cuire sans nuire".
    Le livret de recettes est précédé d’une présentation faite par Farida Aït Ferroukh. Dans cette présentation, elle précise qu’il est difficile de donner des recettes précises dans la mesure que tout dépend de plusieurs éléments subjectifs tel que le rythme de chacun(e) ainsi que de la qualité et la quantité des ingrédients utilisés pour cuisiner. Aussi, la nature des ustensiles utilisés est importante. Il a été difficile aux informatrices de l’auteur de donner des proportions exactes de telle ou telle recette, toutefois des quantités ont été proposées. Il est vrai que la cuisine est une cuisine du coup d’œil. La seule innovation dans les recettes proposées est l’introduction des entrées. Pour le reste, la démarche adoptée par l’auteur a "scrupuleusement respecté l’essence de l’art culinaire kabyle".
    Le livret de recettes comprend ainsi 16 recettes d’entrées, 20 recettes pour la fabrication du pain non levé (aγrum) et les plats à base d’aγrum, 19 recettes à base de pâte ou de semoule, 8 recettes de plats à base de légumes, 30 recettes de couscous, 24 recettes de pains et pâtisseries, les recettes d’aguglu (fromage) et iγunan (colostrum) et 10 recettes de boissons.
    Si l’ouvrage ne comprend pas de photos, il reste un régal en matière d’informations et de variété et d’originalité des recettes : un livre de référence en matière de cuisine kabyle.
     
  • Broché: 159 pages
  • Editeur : Edisud (1 janvier 2005)
  • Collection : Voyages gourmands
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2744903922
  • ISBN-13: 978-2744903922