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Le tourisme en voie de privatisation
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Le tourisme en voie de privatisation L'Algérie a accueilli 1,4 million de touristes en 2005. Un chiffre modeste par rapport à ses voisins marocain ou tunisien. Mais le vent du changement souffle sur le secteur du tourisme algérien. Avec des indices : programme de privatisations, constructions de nouveaux hôtels par des groupes étrangers et transferts de compétences du public vers le privé. Second volet de notre enquête sur le développement de l'activité.

 

« D'ici quelques mois, je vais ouvrir ma propre agence de voyage », jubile Saadia Zouaoui, 44 ans, dont 11 ans passés au ministère algérien du Tourisme. « Je suis passionnée et j'ai envie de m'affranchir des contraintes de la fonction publique. Même si l'activité ne démarre que dans deux ou trois ans, l'important, c'est d'être présent. D'ici peu, le secteur du tourisme en Algérie connaîtra une situation de concurrence, une amélioration de la qualité des infrastructures, des services et de la formation. » Le futur créneau de Saadia ? « Le tourisme culturel qui attire de plus en plus de monde car, aujourd'hui, les gens veulent bronzer intelligent et l'Algérie compte tellement de sites archéologiques... »

Saadia n'est pas un cas isolé. « On observe une tendance : des cadres quittent le public pour créer leurs propres structures. Ils pressentent que les choses bougent, sentent les opportunités et veulent être aux premières loges », analyse Mostepha Brahim, de la société Orianis Communication, qui travaille entre Paris et Alger. « Le privé prend de plus en plus d'importance. Ça va très vite. » Les chiffres confirment : de 500 agences de voyages privées en 2004, le nombre est passé à 750 en 2005, dont plus de 200 sont concentrées à Alger et plus de 70 dans la seule ville de Tamanrasset (Grand Sud). « C'est une évolution régulière. Nous enregistrons 10% de demandes en plus par an », note Ahmed Bouchedjira, directeur de la conception et de la régulation des activités touristiques au ministère du Tourisme.

3 millions de touristes en 2015

Le gouvernement algérien a lancé fin 2004 une nouvelle stratégie du tourisme qui se donne pour but, à l'horizon 2015, d'accueillir 3 millions de touristes, dont 2 millions d'étrangers. Selon les chiffres fournis par le Centre national d'études et d'analyses pour la population et le développement (Ceneap), l'Algérie a accueilli, en 2005, 1,443 million de personnes, dont seulement 441 206 étrangers (surtout des Français, Italiens et Allemands) et plus d'1 million d'Algériens établis à l'étranger. Elle avait accueilli, en 2004, 1,234 million de personnes dont 369 000 étrangers. Il s'agit d'abord de combler le déficit en matière de capacités d'accueil, en passant de 81 000 (dont 36 000 relèvent du secteur public) à 120 000 lits d'ici 2015. « Nous sommes dans une dynamique de développement, il va y avoir relance. Tout notre portefeuille est éligible à la privatisation. C'est une nécessité si l'on veut s'intégrer à l'économie mondiale », explique Mustapha Chaoui, assistant au directoire de Gestour, la Société de Gestion des Participations de l'Etat Tourisme et Hôtellerie, qui gère 70 établissements hôteliers, dont la plupart date des années 70.

« Le tourisme algérien, émergent, a besoin d'être structuré en amont et mis aux normes internationales. Il faut abandonner les vieilles habitudes étatiques. Cela nécessite une restructuration, voire une structuration tout court, du secteur, en ce qui concerne l'hébergement et les méthodes de travail. Je suis toujours frappé de voir que les directeurs régionaux du tourisme n'ont pas d'outils pour travailler, pas d'ordinateur ni d'e-mails... la privatisation va remédier à cela », assure Mostepha Brahim.

Le groupe Accor investit

Redevenue une destination sécurisée, après dix ans de terrorisme, l'Algérie doit à présent soigner son image et donc sa communication. Vitrine privilégiée : le Salon international du tourisme et des voyages (Sitev), organisé à Alger, et qui s'améliore d'année en année. La 8e édition s'est tenue à la mi-mai et a vu la participation de150 opérateurs touristiques nationaux et internationaux. Ainsi que celle d'investisseurs étrangers, comme le groupe Accor, qui va construire 34 hôtels, Ibis et Novotel, sur tout le territoire et dans une gamme qui fait défaut au pays : le standing moyen.

Enfin, pas de développement du tourisme sans formation. Le directeur de l'Ecole nationale supérieure du tourisme, Moncef Bekaïl, assure que les 70 à 80 cadres gestionnaires en hôtellerie et tourisme formés par an « trouvent tous du travail ». « Il existe beaucoup de débouchés car il y a un manque flagrant de personnel dans le secteur. » Quant à la profession de guide, qui a beaucoup souffert des années de terrorisme et de l'arrêt du tourisme, elle a été dotée en avril d'un décret qui la réglemente. « Le guide, c'est la locomotive du tourisme et, aujourd'hui, c'est une profession très demandée », précise Ahmed Bouchedjira. Une école spécialisée a ouvert ses portes il y a deux ans à Tamanrasset et des formations de trois mois sont à présent organisées sur tout le territoire. Cerise sur le gâteau : le nouvel aéroport international d'Alger qui doit bientôt ouvrir ses portes, après des années de travaux.

par Olivia Marsaud

Article publié le 03/06/2006 Dernière mise à jour le 03/06/2006 à 16:17 TU

Source : http://www.rfi.fr/actufr/articles/078/article_44150.asp


 

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